Je ne veux pas connaitre le sexe de mon bébé, les autres si!


Une amie chère à mon cœur (et accessoirement enceinte jusqu’aux yeux) m’a fait l’honneur de m’offrir un billet sur un sujet avec lequel on l’agace….légèrement : le fait qu’elle et son homme aient décidé de ne pas connaitre le sexe de l’enfant qu’ils attendent!

 

Billet d’humeur, offert à ma copine Jo.

 

Me voilà à plus de 8 mois de grossesse, et LA question, déjà  bien présente depuis le début, devient de plus en plus envahissante : « Alors, c’est quoi ? ».fille ou garçon?

Même s’il m’arrive de rêver de rétorquer « un poney », je m’abstiens et suis devenue experte pour répondre avec un mââââââgnifique sourire digne de n’importe quelle pub pour du dentifrice :

« Une surprise ! On ne veut pas savoir ».

 

C’est un choix, le notre. Loin de moi l’idée de dire s’il est bon ou mauvais. Je comprends que certains parents veuillent savoir pour se projeter, pour imaginer ou pour toute bonne raison qui est la leur. Avec le Papa, nous avons rêvé et tant désiré cet(te) enfant que peu nous importe ce qu’il sera, qui, il ou elle sera. Nous voulons le rencontrer, l’élever, sans que son sexe biologique ne soit important dans l’histoire que nous avons à construire ensemble.

 

Mais… car il y a un mais- il y a tout de même autour de la question de vilains relents sexistes qui me posent franchement problème. D’où l’envie de lister toutes les -hum… trouver un mot poli…oui, non.bon donc- conneries que j’ai pu lire ou entendre.

 

  • Interrogations métaphysiques :

« Mais comment vous allez faire ?
Comment on va faire quoi ?
Bah, la chambre, les vêtements, le trousseau…. »

 

Les premiers mois, naïve, la fleur au fusil, je répondais gentiment que longtemps le rouge/ rose a été la couleur des garçons ; que le bleu, couleur de Marie dans l’iconographie chrétienne, était la couleur des filles, que dans plein de pays ce ne sont pas des couleurs connotées, blablabla.

 

En plus de ne pas vouloir connaître le sexe, je faisais mon intello chieuse.

Et ça ne résout pas le « problème » (ô combien capital)  de la chambre…(qui est verte, rassurez vous).

Et bien figurez vous que trouver du « neutre » en layette, c’est pas si simple. Il est bien plus facile de transformer une petite fille fraîchement née en guimauve rose bonbon que de la saper en blanc ou en jaune… D’ailleurs, pour mon aînée, j’avais eu  en cadeau un superbe lot de body roses qu’elle a beaucoup porté. Ce bébé là y échappera sans doute…son frère les a usé jusqu’à la corde. Car OUI, il a porté du rose.

Et il va bien.

 

( je vous fais grâce d’une conversation fascinante avec des mamans à la sortie de l’école sur, « mais pour la chambre tu vas faire comment », où une délicieuse mère de famille en est arrivée à la conclusion que la seule solution était Winnie l’ourson, seul personnage neutre pour de la déco . Bon. Déjà que je passe pour une emmerdeuse à me contrefoutre du sexe biologique de mon bébé, si EN PLUS je dois expliquer qu’il est hors de question que sa chambre soit envahie de marques, de Disney et de made in china, je vais me prendre des cailloux. Sourire et préserver ma paix sociale.)

 

  • Anatomie de la certitude.

 

On ne veut pas savoir. C’est louche.

 

Donc certains sont persuadés qu’on sait mais qu’on ne veut pas dire. Non, non, on ne sait pas et  notre médecin respecte notre choix. Il ne nous a rien dit. Promis

 

Donc d’autres, eux SAVENT.

Ce qui ne change rien, vu que je ne veux pas savoir.

« Mais siiii, attends… tu connais le calendrier chinois des grossesses ? C’est IN FAI LLI BLE . Je vais te montrer, comme ça on aura une idée »

(* si comme moi vous ignorez tout de ce calendrier magique, il se trouve facilement sur internet. C’est un tableau à double entrée : mois de conception et âge de la mère, où TENEZ VOUS BIEN, les cases sont roses ou bleues pour vous prédire le sexe)

Oui mais, je ne veux pas savoir, pour de vrai…De guerre lasse j’ai cédé.

« Youhou, tu vois, pour ton aînée, ça marche pile »

« Ah »

Mine qui s’assombrit

« t’es sûre que tu es bien tombée enceinte ce mois là pour ton fils ? Parce que là, ça colle pas, mais le mois d’après si »

 

Il a porté du rose bébé, mais je suis sûre et certaine, il a une stouquette, désolée pour l’ancestral calendrier chinois.

Mais soyons honnête, 50% de réussite c’est pas mal.

C’est d’ailleurs pile poil la probabilité que propose la nature. Une chance sur 2 que ce soit ça.

Pardon, je fais du mauvais esprit 😉

 

(on m’a fait aussi un truc avec une histoire de lune avant et après la naissance de l’enfant précédent… mais j’étais en mode « petit chien en plastique qui remue la tête sur la plage arrière d’une voiture », je n’ai pas retenu)

 

Jusque là, c’est « mignon », la pensée magique, ça ne mange pas de pain… mais figurez vous que pour les pronostics, il y a des croyances qui m’ont beaucoup moins amusée.

 

La technique du « comment tu le portes »

Infaillible : « tu le portes haut : c’est une fille », « porté bas : c’est un garçon »

J’ai un jour demandé à mon gynéco si cette croyance était fondée. Il m’a répondu, avec cette flegme et ce sérieux qui fait que je suis sa patiente depuis de longues années : « évidement que c’est fondé ! A poids de naissance égal, vous pensez bien que l’incroyable poids symbolique d’une paire de roubignoles fait descendre un bébé dans le ventre de sa mère pendant les semaines qui précèdent son arrivée »

J’avoue, j’avais pouffé.

 

La technique du « dis moi ce que tu manges »

C’est bien connu, une femme qui a des envies de sucre attend une fille. ça s’explique simplement : une fille c’est doux, délicat, réconfortant comme une sorbet à la poire un soir d’été, naïf comme un roudoudou à la fraise.

Alors qu’une femme qui a envie de salé attend un garçon. Un truc fort, qui relève les plats, une exhausteur de goût. Le sel sublime le plat un peu fade. Comme toi, ô mâle, tu sublimeras la vie de tous ceux que tu rencontreras. En commençant par ta mère, évidement.

 

(ayant eu très peu d’envies, je suis assez inquiète..surtout que mon seul caprice a été un plat de patates avec de la choucroute. Tubercule et chou fermenté, quelle portée symbolique?)

 

La technique du « comment tu vas ? »

Et là, là, on touche le fond.

Sachez que si une femme vomi beaucoup, elle attend : une fille

Si elle a la peau très sèche : une fille

Si elle a de l’acné très tôt durant sa grossesse et/ou de l’acné dans le dos : une fille

Si elle a une longue tache brune sur le ventre : une fille

Autant dire, la fille, elle fait des dégâts.

Alors que si la maman a de beaux cheveux et de beaux ongles : un garçon

Si sa libido ne diminue pas durant la grossesse : un garçon

Si elle semble épanouie : un garçon

Résumons, si la grossesse vous rend moche et fade, vous attendez une fille, si vous êtes éblouissante, c’est un garçon.

 

Ça pourrait être drôle si ça ne suintait pas d’un sexisme latent. Une fille va, forcément « abîmer » sa mère, quand un petit mâle va la sublimer.

Et dans l’imaginaire collectif, c’est acquis, dit avec le sourire, sans interroger le modèle qui se cache en dessous.

Même pas née, une fille est déjà un « fléau ». Je sais pas vous, mais moi, ça me donne envie de hurler.

 

(Notez juste qu’une sage femme m’a demandée si mes poils de jambes poussaient plus ou moins vite depuis ma grossesse. Non parce que si la pousse s’accélère, c’est un garçon. Zut alors.

En y réfléchissant bien, j’en suis arrivée à la conclusion que si une femme attend une fille, celle çi, par pure solidarité féminine -solidarité qu’elle pourrait associée à une défense du syndicat des esthéticiennes tout de même!- « aidait » sa mère moche, lourde, a la libido en berne à rester féminine en ne la chargeant pas d’une pilosité outrageante)

 

Bref ! Tout ceci est bien anecdotique, je le sais, mais ça me laisse songeuse.

 

« Alors c’est pour quand ? Tu attends quoi ? »

Quand il ou elle choisira, et j’attends un enfant.

Un être humain.

A qui je souhaite offrir une longue vie, ouverte et tolérante. Dans un monde où le sexe biologique n’est pas le sexe social. Où une femme enceinte n’est pas un sujet de spéculation (mes poils, ma libido, ce que je mange, comment je dors, ma gerbe et mes boutons ne vous regardent pas, merci).

Que cet enfant soit fille ou garçon, peu m’importe. Par contre, j’ai bien compris. Il faudra se battre, chaque jour, contre les stéréotypes. Pour le laisser être lui même. En lui apprenant à décortiquer les mots, les idées reçues, même celles qui se veulent « mignonnes »….

 

ps : et promis Joane, je blaguais quand je t’ai dit que si c’était un garçon je ne l’allaiterai pas parce qu’avec ma peau de rousse, mon sein était  tellement rose que j’avais peur de le perturber. Je sais que tu as manqué de tomber de ta chaise, mais c’est juste parce que tu ne dors pas assez en ce moment;-)

A quand la fin du cliché rose/bleu?
A quand la fin du cliché rose/bleu?

 

 

2 thoughts on “Je ne veux pas connaitre le sexe de mon bébé, les autres si!

  1. J’ai eu exactement le même genre de réflexions pendant ma grossesse.
    Quand tu dis que tu sais pas, parce que tu veux avoir la surprise, et qu’on te répond du tac au tac : non mais je suis sure que tu vas avoir un garçon. Putain ya des baffes qui se perdent.
    Les histoires de prédictions, pareil! Mais j’ai eu tout faux! Hahaha! Mes poils poussaient lentement, j’ai eu la ligne brune, toussa toussa mais résultat j’ai eu un garçon!! 😀 Qui a porté du violet!

    Et depuis sa naissance j’ai droit régulièrement : « ah oui, il a une vraie tête de petit garçon » ….. Entre ça et les réflexions archaiques de ma belle mère (non, t’es un homme maintenant, tu pleures pas)(Mon fils n’a pas encore 1 an …. -_- » et quand bien même, il pleure s’il veut! MERDE)

    On est pas sorti de l’auberge! (M’en fou, j’ai tout une collection de Polly Pocket, pour quand il pourra y jouer! NA)

    1. Oh la la mais tu as de la réflexion de compet dans ton entourage!!!! My God!
      je me fais pas de souci pour toi tu as l’air d’etre bien armée! 🙂

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