Nous n’oublierons jamais et vivrons pour eux


Une page s’est tournée vendredi soir. Vendredi 13 novembre 2015. J’ai mis du temps à venir m’exprimer ici.

J’ai du mal à reprendre le cours de la vie, de mon blog, de regarder mes séries habituelles avec relâchement, oisiveté…
Je sais que c’est juste une question de temps même s’il ne faut pas oublier. Le devoir de mémoire ça sera aussi pour eux, pour ces 129 personnes (à ce jour) et tous les blessés physiquement et psychologiquement.

Je n’ai pas envie de parler de ces barbares, de ces meurtriers qui n’ont pas d’excuse et encore moins de religion. Oui ils ont tiré sans savoir sur qui, juste pour faire le nombre. Qu’ils aient été musulmans, chrétiens, juifs, athées, ils étaient juste heureux et libres, et ça, les barbares ils aiment pas.

Je veux penser à ceux qui sont partis, leur visage me font dire que ces barbares n’aiment pas les jeunes gens souriant, beaux et libres. Parfois je me dis que c’est pas possible, que ces gens ne peuvent pas être mort, pas tous, pas tant! Mais si.
Et puis je vois passer ces lettres, d’un père ou d’une mère, qui parle à son enfant de la disparition de l’autre parent. Et là ça me frappe en plein cœur. Un enfant de 17 mois qui du jour au lendemain ne va plus voir sa maman, celle qui était tout pour lui, celle qui était son repère, celle qui lui portait un amour infini. Cet enfant qui ne peut pas comprendre que des assassins ont abattus sa maman sans même savoir sur qui ils tiraient. Parce que ces meurtriers n’ont pas d’excuses, n’ont pas de but, rien que l’on ne puisse comprendre.

Je veux penser à tous ceux qui ont survécu, ceux qui étaient présents. Oui parce que vivre avec ces images de mort, ces images de guerre, c’est une cicatrice à l’âme difficilement soignable. Il y a aussi ceux qui ont survécu sans y avoir été. Je pense à mon amie qui n’est pas sortie ce soir là car trop fatiguée. Elle avait pourtant des amies qui fêtaient l’anniversaire de l’une d’entre elles à la belle équipe, rue de charogne. 6 de ses amies font parties des 19 victimes de cette attaque là. J’imagine son sentiment, entre extrême tristesse et culpabilité d’être en vie.

Mélangée à ces moments d’intense tristesse, il y a la colère. La colère contre mes semblables, enfin « semblables » je crois, façon de parler.
Parce que celui qui relaye des informations non sourcées n’est pas mon semblable.
Celui qui partage des photos de scènes de crime, de barbarie, n’est pas mon semblable.
Celui qui ne respecte pas les morts n’est pas mon semblable.
Celui qui déballe sa tristesse avec une pointe de curiosité malsaine n’est pas mon semblable.

Est ce si compliqué de comprendre qu’une information relayée par un inconnu a 90% de chance d’être fausse?
Est ce si compliqué de se demander si une photo est bien représentative de ce qu’elle dénonce? De quand date t-elle? Qui l’a prise? Dans quel but? Dans quel contexte? Que se passe t-il avant et après la photo/vidéo?
Est ce si compliqué de se dire que la manipulation vient peut être de ceux qui croient la dénoncer?

S’il vous plait, arrêtez de suivre la foule. Avant de prier, réfléchissez.

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